Quand Google vous propose un résultat de recherche, quand Swisscom TV vous conseille un film plutôt qu’un autre, il y a un algorithme derrière ce choix. Facebook affiche un post sur votre fil, c’est encore un algorithme. Internet n’est-il plus un espace de recherche d’informations crédibles et de liberté? Toutes nos lectures sont-elles influencées par des critères publicitaires ?

Les médias sont eux aussi les premiers concernés car ils perdent le contrôle de la diffusion de leur information sur ces plateformes sociales. En observant comment ils s’adaptent face à ce dictat des géants du net, des pistes vous seront données pour mieux comprendre ce phénomène et pouvoir espérer ne pas vous laisser trop influencer.

Un algorithme c’est quoi ?

Tout le monde en a déjà entendu parler, mais pour beaucoup la notion reste floue. Un algorithme est un ensemble d’opérations. Une recette est un algorithme, c’est une méthode pour trier, sélectionner, cuisiner… En informatique, elle se traduit donc par un programme. Le problème est que personne ne connaît les ingrédients des Google, Facebook… Ce sont des boîtes noires. Or la non-transparence n’est pas qu’une question technique, c’est un problème de société.

Algorithmes et découvrabilité des contenus : comment la presse suisse relève-t-elle le défi ?

Des formats adaptés aux tendances des médias sociaux

Les journaux ne contrôlent plus le support de diffusion et sont forcés d’innover pour être attractif sur les réseaux sociaux. Dans l’article « Le défi de la presse à l’ère Facebook » Magali Philip, journaliste spécialisée dans les réseaux sociaux à la RTS, souligne que les médias doivent être créatifs et adapter leurs formats aux tendances.

Lorsque «Facebook Live1» a fait son apparition, cela nous a obligé à décider très vite de ce qu’on peut proposer éditorialement afin d’exister sur ce nouveau support ». Magali Philip

Elle ajoute aussi que leur relation aux lecteurs peut « alimenter » des sujets. Une relation conversationnelle et co-constructive peut-être développée.

Des algorithmes pour faire découvrir de manière pertinente des nouveaux contenus

La NZZ, développe une stratégie très différente. Le journal a opté pour conserver le modèle payant et développe depuis un an, grâce aux Fonds d’Innovation Google (DIN), une application dotée d’intelligence artificielle qui propose une sélection d’articles personnalisés pour leurs abonnés. Le système de « Machine learning » permet une amélioration constante pour proposer des sujets adaptés.

Rouven Leuener, Chef du digital à la NZZ, explique dans un article du magazine Persoenlich que « l’application ne fonctionne pas comme un service de recommandation de produits qui tracke les produits similaires après un achat. L’algorithme fonctionne en fonction du contexte, des intérêts des lecteurs et du placement éditorial. Il veille également à ce qu’un contenu suffisamment surprenant soit proposé. »

Réintroduire de la qualité dans les contenus mais aussi de la surprise pour proposer de vrais nouveaux sujets et ne pas rester cantonner à une bulle d’information, voilà une perspective éclairante.

Rouven Leuener, Chef du digital à la NZZ

Comprendre l’influence des algorithmes

Qu’il s’agisse de Google, Youtube ou Facebook, les moteurs de recherche et les réseaux sociaux doivent filtrer les résultats pour faciliter la recherche d’information. Utiliser des algorithmes est fait pour trier la masse d’information qui nous arrive. Pour ce faire, ils utilisent nos données, c’est-à-dire l’historique de nos clics, nos “J’aime” et les amis que nous avons.

Dans l’article “Les algorithmes Web menacent-ils notre liberté?”, la problématique principale citée est celui de la bulle d’information. En effet, certaines plateformes, notamment Facebook, nous oriente uniquement vers des choses que aimons et cela restreint notre champ critique. Mais l’auteur nous rassure dans sa conclusion: “ Ne craignez pas trop pour votre liberté : les algorithmes sont nés précisément parce que nous avons plus de choix et de possibilités qu’avant!” Ils “nous détermineraient moins qu’on le pense.”  

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